Christoff Baron
A propos de ma pratique artistique.
Christoff Baron est né à Paris en 1972. Après des études d'ingénierie mécanique et des études de littérature, il exerce les métiers de professeur de français, de journaliste spécialiste de jeux vidéos, d'illustrateur et d'éducateur spécialisé.
Il commence sa carrière artistique en 1999 et utilise d'emblée un support inhabituel: des planches usagées de palette ou d'échaffaudage. Son travail artistique s'inscrit sur les traces laissées par le maçon ou l'employé de supermarché. L'oeuvre trouve son essence dans les contrastes entre l'industriel et l'artistique, le brut et le peint, l'anoymat et la signature, l'alléatoire et le maitrisé.
Tout comme le support, les sujets choisis par l'artiste sont marqués par le souci de créer du lien entre des disciplines sans rapport évident. Il puise ainsi son inspiration dans l'oeuvre d'écrivains ou de cinéastes et rend hommage, au fil de ses expositions, au Roméo et Juliette et à l'Othello de Shakespeare, aux Douze hommes en colère de Sydney Lumet, aux Frères Karamazov de Dostoïevski, à Lolita de Nabokov ou encore au Christ des évangiles.
A propos de la Gedachtniskirsche.
Le Christ de la chapelle attenante à l´église du souvenir n´est pas crucifié mais ressuscité. Le choix de son auteur, le sculpteur Karl Hemeter, figure judicieusement le destin de l´église: Détruite, elle renaît de ses ruines en conservant les stigmates de sa mort. Les traces de bombes sur la tour sont autant de cicatrices de clous dans les chairs du Christ.
L´église est aujourd´hui un lieu de résurrection dans sa forme laïque, la mémoire.
A propos de mon travail.
Le motif central du travail proposé, un Christ ressuscité, rend compte de la destinée de l´édifice, lieu sacré, détruit puis ressuscité.
Les motifs périphériques évoquent à la manière de l´iconographie classique les péripéties associées au sujet de l´oeuvre. Quatre épisodes retracent l´histoire de l´église:
- sa vie (1891 -1943)
- son bombardement (23 novembre 1943). Trois bombardiers évoquant les croix de Golgotha, établissent un parallèle entre la mort du Christ et la destruction du lieu.
- sa ruine (1943-1959), sorte de mise au tombeau.
- sa résurrection (1959 -....). La construction du mémorial redonne vie à l’église.
La couleur dominante, symbole de la résurrection, rappelle les vitraux de Gabriel Loire illuminant la chapelle et le clocher.

